La Grinduro vient de se terminer ; quel événement incroyable !

La Grinduro est un parcours/course gravel longue distance. L’édition 2018 s’est déroulée en Écosse sur une distance de 87 km, avec 4 sections chronométrées le long du parcours. Les 1 615 m de dénivelé total de la course ne laissèrent aucun répit aux coureurs, à quoi s’ajouta un obstacle supplémentaire : la chaleur.

Grâce à une vaste campagne promotionnelle de la Grinduro auprès de la communauté gravel britannique, toujours grandissante, la participation a progressé et nous attendions plus de 250 coureurs au village.

Sandrine, Ben, Gaby et moi-même partirent le mercredi précédant la Grinduro, afin de parcourir les 7h30 de trajet en voiture en direction d’Ardrossan, en Écosse, puis de prendre le ferry pour l’île d’Arran. Le timing était serré car les connexions par ferry sont réduites avec cette petite île écossaise, mais par chance la météo était exceptionnelle et le voyage fut très agréable.

À l’approche de l’île d’Arran, on a l’impression d’arriver dans Jurassic World ; des nuages enveloppent la partie montagneuse au nord et cachent le sommet de l’île (Goat Fell), tandis qu’une forêt dense recouvre la partie sud. Avec un peu d’imagination on pourrait s’attendre à voir des monstres marins, mais heureusement nous arrivèrent sains et saufs.

Le jeudi fut consacré aux préparatifs et à la décoration du lycée d’Arran, qui servit de centre opérationnel et d’hébergement pour la Grinduro.

Après le montage du stand Fabric, nous avons décoré les espaces extérieurs aux couleurs de Grinduro, Fabric, Sram, Lauf, The Bicycle Academy, Chimpanzee et Giro.

Vendredi = journée d’accueil :

Les participants embarquent sur le ferry à pied, et les vélos, tentes et autres matériels sont attachés sur le ferry pour la traversée. Tous les coureurs sont emmenés par bus de l’autre côté de l’île et déposés au lycée, où ils sont accueillis par un joueur de cornemuse. Ce n’est qu’après s’être enregistrés qu’ils purent récupérer leurs vélos, tentes et sacs dans la zone de camping.

La météo fut particulièrement clémente et nombre de coureurs décidèrent de faire le tour de l’île à vélo ou de découvrir le parcours avant la course. Certains s’occupèrent du ravitaillement en bière en vue du repas du soir, ou s’occupèrent de détendre l’atmosphère avec leur guitare acoustique.

Samedi matin : le jour J !

Les coureurs profitèrent du petit déjeuner gratuit offert avec les bons de repas quotidiens compris dans l’inscription. Un stand de restauration était à disposition pour se ravitailler en porridge, céréales et jus de fruit. Et, ceux qui eurent la patience de faire la queue furent récompensés de délicieux pancakes aux myrtilles, bien épais. Le café, d’une saveur exquise, était fourni par Ride Bikmo.

Les coureurs assistèrent à un briefing à 8 heures du matin afin de préparer les départs par groupes de 10 à 20 coureurs vers 9 heures. Pour rappel, seules les étapes étaient chronométrées, et les coureurs étaient libres de rouler autour de l’île à leur guise.

Étape 1 : fureur sur le chemin forestier

20 minutes seulement après le départ depuis le lycée, cette étape fut un réveille-matin radical. Avec des pointes de vitesse à plus de 60 km/h, l’accumulation de virages serrés, de gros graviers, et la présence de coureurs plus lents, il valait mieux être prêt à freiner et se préparer aux virages, à moins de s’appeler Tydeman Newman ! Un léger faux plat avant la dernière descente vers la ligne d’arrivée semblait être destiné à épuiser les participants avant le long trajet jusqu’au premier stand de ravitaillement.

Stand de ravitaillement 1 : château de Brodick

Génial ! Vaut le détour à lui seul. Campés sur les terres du château de Brodick, un groupe de volontaires composé du National Trust, de bénévoles de l’île d’Arran et d’entreprises locales avaient préparé un véritable festin gratuit :

Sucre à la crème écossais
Flapjack frais
Crême glacée d’Arran
boissons isotoniques Chimpanzee
eau (ça va de soi)
Gin d’Arran, oui, vous avez bien lu : du GIN GRATUIT !?!
limonade fraîche
Haribo

Tout le monde se laissa emporter par la gourmandise, et ce n’était pas la meilleure préparation pour…

Étape 2 : on crache nos poumons

Ouille, et ouille ! Après un répit d’environ 8 km pour digérer le festin de flapjack et de crème glacée et faire passer le gin, nous quittâmes le route pour attaquer la deuxième étape. Il s’agissait d’une montée d’environ 3 km avec une pente moyenne de 8% et plusieurs sections à 18 et même 20 %, très glissantes en raison de l’eau et de la boue causées par les traversées de cours d’eau. Ces pentes étaient déjà suffisamment difficiles en elles mêmes, mais en y ajoutant la boue et les coureurs au sol, ce fut un véritable défi.  Chaque section demandait un tel effort que la section plate suivante suffisait à peine pour récupérer, tout cela pour attaquer une nouvelle grimpée et se retrouver en manque d’oxygène. Un étape éprouvante, techniquement difficile, et très exigeante du point de vue de la concentration.

Étape 2 : en direction du déjeuner : GÉNIAL !

Une section incroyable de sentier, de descentes abruptes, de chutes d’eau et de points de vue. Un des moments que j’ai le plus apprécié, tellement que j’en ai même oublié de prendre des photos.

Étape 3 : Promenade digestive

Nous attaquâmes cette étape juste après le déjeuner. Elle portait bien son nom, car nous l’avons commencée le ventre plus que plein.

Ce fut l’étape la plus éprouvante et la plus longue, environ 5,5 km, et elle suivait une longue route forestière, du haut en bas. La BBC s’était même postée au sommet pour capter les coureurs épuisés alors qu’ils franchissaient la ligne d’arrivée de l’étape.

Le parcours était difficile à gérer, avec une pente qui variait sans cesse, et de nombreux virages et crêtes sans visibilité empêchaient de voir ce qui venait après. Je roulais à l’aveugle, et j’ai parcouru toute l’étape avec un rythme cardiaque inconfortable, pour ne pas dire plus, mais j’aurais dû prêter attention aux indications kilométriques, car je suis arrivé plus tôt que je l’avais prévu. Étonnamment, beaucoup de gens adorèrent cette étape, sans doute parce qu’il était possible de rouler de front avec ses copains ou de prendre la roue des autres coureurs. J’ai envie de refaire cette étape…

Stand de ravitaillement : Velo Café

À la demande générale, le Vélo Café avait été déplacé au dernier stand de ravitaillement… quel régal ! Situé au sud de l’île à Lagg, ce petit café/chambres d’hôtes est le rendez-vous des cyclistes. Des supports à vélos attendent vos montures et l’accueil à l’intérieur de l’établissement est des plus agréables. Les murs sont recouverts de souvenirs cyclistes (j’ai aimé en particulier le coin dédié à Eddy Merkx) et, bien sûr, le café y est excellent, de même que les différents gâteaux adaptés à toutes les exigences alimentaires.

Cet endroit mérite largement une visite si vous passez par là ! Pour mois, ce sera le mois prochain.

Étape 4 : la dernière section

Après un long parcours de transition depuis le Velo Café, sous la chaleur et attaqués par les taons, nous sommes arrivés au départ de la dernière étape, une section DH dans la forêt, qui nous ramena pratiquement jusqu’au lycée.

Mais… avant la section DH, il fallait déjà passer une partie plate de bosses juste après le départ, suivie d’une montée sur une route forestière, avant de s’amuser.

Après le déjeuner, j’ai roulé un moment avec notre coureur pro Chris Metcalfe, qui remporta cette course, mais j’ai vite réalisé que sa vitesse de croisière dans les transitions était au-delà de mes capacités, et je suis arrivé au départ de l’étape 4 dans un piteux état. J’étais essoufflé et la section plate de bosses fut une souffrance supplémentaire.

Mes bras n’arrivaient plus à me soutenir et mes jambes me disaient « encore un tour de pédale » dans la longue montée sur la route forestière. Mais quand la pente s’est inversée, avec un sol de terre brune (humide, adhérente), le sourire est revenu sur mes lèvres et je me suis laissé entraîner dans la descente et les virages, en sautant par dessus les racines et en glissant sur les rampes naturelles. Je ne mentirai pas, la première partie ne fut pas des plus agréables, mais la dernière fut un pur plaisir.

La ligne d’arrivée finale :

3 km environ après l’arrivée de l’étape 4, on retrouve le lycée et on entend tout le monde s’exclamer « Wow ! Quel parcours ! »

C’est le moment de retrouver le jeton pour la bière (inclus dans les frais de participation) et de partir à la recherche de cette récompense glacée parmi les tentes. Un grand bravo à WTB, avec sa bière en main, et à Tom Hill de Grit.CX, qui m’a aussi offert une bière. Je me sentais mieux après ça, mais j’ai rendu l’âme vers 22 h.

Pour les Britanniques, de manière générale, la soirée démarra lentement à se raconter les anecdotes de la journée, mais alors que la nuit avançait, certains se sont transformèrent en véritables fêtards.

Un groupe indie de Glasgow, les Rebellions, joua un moment, suivi par un DJ local dont la femme avait participé à la course ! Alors que les gens s’apprêtaient à partir, la soirée monta d’un cran et se prolongea…

Un grand merci à :

L’île d’Arran et les gens formidables/chanceux qui y vivent
Le lycée d’Arran
le National Trust
la compagnie maritime CalMac Ferries
THE MARSHALLS !!!
Giro
Sram
ZyroFisher
Chimpanzee
Lauf
The Bicycle Academy
Arran Whisky
Podium Catering
Bikmo pour le café
The Rebellion

Alors, une question s’impose : tu vas y participer l’année prochaine ?

Texte de Neil Cousins @cousinsneil

Crédits photos :

Dain Zaffke @dain_zaffke

Elliot Layda @elliotlayda

Geoff Waugh @geoff_waugh

Kyle Cummings @kyle.cu

Robin Sansome @givener